Une désalpe en Haut-Intyamon

La désalpe
La désalpe marque la fin de l'estivage : après quatre mois passés en alpage, les troupeaux redescendent vers la plaine pour l'hiver. En patois gruérien, on l'appelle la "Rindyà", littéralement la "restitution" : les bêtes, qui ont été confiées à l'armailli pour la saison, sont rendues à leurs propriétaires.
Aujourd'hui, la majorité des bêtes appartiennent à l'armailli.
Cette tradition plonge ses racines dans le Moyen Âge, à une époque où la transhumance rythmait déjà la vie des alpages : monter le bétail au printemps pour profiter des herbages d'altitude, le redescendre à l'automne avant les premières neiges. Pour l'occasion, les vaches sont parées de bouquets colorés, composés de fleurs cueillies aux abords du chalet, souvent agrémentés de papier crépon, ainsi que de branches de sapin, de cloches et de colliers de cuir brodés.

Après la longue descente, les cloches et sonnailles dans un joyeux tintamarre annoncent l'arrivée du troupeau dans les villages où il défile fièrement, guidé par les armaillis, les gamins, les chèvres, le char bleu, tout ce petit monde en bredzon, costume traditionnel.
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Au fil des décennies, ce moment de travail agricole s'est aussi transformé en un rendez-vous patrimonial : l'occasion, pour les éleveurs, de mettre en valeur leur troupeau et leur savoir-faire, de perpétuer et de transmettre une part vivante des traditions.